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Avr
01

Le médium flamand

Les grands maîtres flamands savaient formuler des peintures que l’on retravaille à volonté, car elles se figent vite et sèchent lentement.

Extrait

L’affirmation de la comptine est fausse : la peinture à l’aquarelle est aussi difficile. La peinture à l’eau, bien plus que la peinture à l’huile, a le défaut de couler. Idéalement, une peinture s’étale facilement, mais ne coule pas, deux caractéristiques apparemment incompatibles que les bonnes peintures possèdent simultanément. Les peintres exigent d’autres qualités de leurs pâtes : parfois, ils veulent en superposer les couches sans qu’elles se mélangent ; d’autre fois, ils veulent au contraire modifier une couleur avec une autre afin d’atteindre un ton précis. Ils ont créé pour cela des substances qui peuvent être retravaillées à volonté. Analysons leurs propriétés physiques pour saisir comment les peintres ont obtenu ces substances.

La viscosité d’un fluide mesure sa résistance à la déformation ou à l’écoulement. L’eau ou les alcools coulent et s’étalent facilement ; ce sont des liquides peu visqueux. Le miel liquide est d’une grande viscosité : difficile à étaler (déformer), il s’écoule très lentement. Pour régler la consistance de leurs peintures, les peintres en bâtiment apprécient la viscosité à l’aide d’une «coupe Ford», une coupelle de forme et de contenance fixées, percée à sa base. La viscosité s’estime d’après le temps que met la coupe pour se vider. Cette technique est utilisée pour comparer la viscosité de son mélange à celle d’une peinture-modèle.

Toutefois, cette mesure teste très mal la capacité d’étalement d’une peinture. Pour apprécier cette qualité, il faut réaliser une situation qui se rapproche du coup de pinceau. Aussi …

Références

  • F. Pignon, A. Magnin et J.-M. Piau, Thixotropic behavior of clay dispersions: Combinations of scattering and rheometric techniques, in Journal of Rheology, vol. 42, p 1349, 1998.

Parus dans :

Le médium flamand J.M. Courty et E. Kierlik. Pour la Science N°294, (avril 2002)