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Fév
01

Le didgeridoo, un tuyau chantant

D’un simple tube de bois, les aborigènes australiens tirent des sons d’une grande variété : le didgeridoo combine le jeu de trompette et celui de la voix humaine.

Extrait :

Avec une branche d’eucalyptus creusée par des termites, les aborigènes australiens réalisent un instrument de musique au jeu riche : le didgeridoo. Fruit des hasards de la nature, chaque exemplaire est différent des autres. Et pourtant, malgré la multiplicité des formes et des tailles, tous les didgeridoos partagent un timbre caractéristique. Comment expliquer cette singularité parmi les instruments à vent ?

Pour fabriquer un didgeridoo, les aborigènes australiens choisissent une branche évidée par des termites, d’environ six centimètres de diamètre et un mètre et demi de longueur. Puis, avec de la cire d’abeille, ils façonnent à l’une des extrémités une embouchure. L’instrument est prêt.

On joue du didgeridoo en appliquant les lèvres sur l’embouchure et en les faisant vibrer en soufflant, comme sur une trompette ou un tuba. Pour changer le timbre ou la hauteur du son produit, point de trous, de clefs, ni de pistons : il suffit de souffler plus ou moins fort et de modifier le pincement des lèvres ou la position de la langue dans la bouche.

Au premier abord, le didgeridoo est un tuyau fermé à une extrémité par la bouche et ouvert à l’autre. Tel le cor de chasse, il n’est pas accordable et émet la note qui correspond à son mode fondamental : un son dont la période ondulatoire vaut deux fois la durée de l’aller-retour du son dans le tube – deux fois et non une car, lors de sa réflexion au niveau de l’extrémité ouverte, l’onde de pression repart avec une amplitude opposée. Pour notre didgeridoo typique, cela donne une fréquence inférieure à 60 hertz, qui correspond à une note très grave (comme dans une contrebasse). C’est la fréquence du son de base, nommé bourdon. Trompette aléatoire

Pour comprendre l’émission du son, revenons sur le principe du bourdonnement que chacun peut expérimenter avec sa bouche….

Références

N. H. Fletcher, L. C. L. Hollenberg et al., Vocal tract resonances and the sound of the Australian didjeridu : I, II et III, J. Acoust. Soc. Am., vol. 119(2), pp. 1194-1204 et 1205-1213, 2006 ; vol. 121 (1), pp. 547-558, 2007.

N. Amir, Some insight into the acoustics of the didjeridu , Applied Acoustics, vol. 65, pp. 1181-1196, 2004.

Liens web

Laboratoire d’acoustique de l’Université des Nouvelles-Galles-du-Sud, à Sydney : [www.phys.unsw.edu.au/ jw/didjeridu.html |www.phys.unsw.edu.au/ jw/didjeridu.html ]

Parus dans :

Le didgeridoo, un tuyau chantant J.M. Courty et E. Kierlik, Pour la Science N°376, (février 2009)

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