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Jan
01

Le sens électrique des poissons

Certains poissons, tels les requins et les raies, sont très sensibles aux champs électriques. D’autres peuvent aussi en produire pour explorer leur milieu.

Extrait :

Beaucoup d’animaux voient dans l’ultraviolet ou entendent des ultrasons ou des infrasons. Il s’agit là d’extensions des sens humains. Ainsi, la vision du rayonnement ultraviolet étend la vision humaine à des longueurs d’onde inférieures à celles de la lumière « visible » ; il en est de même pour l’audition des ultrasons, etc. Mais certains animaux, en particulier des poissons, sont sensibles aux champs électriques et perçoivent un monde d’images électriques qui nous est inaccessible. Comment ce sixième sens fonctionne-t-il ? Qu’est-il capable de détecter ?

Tous les animaux présentent une acti­vité électrique. En témoigne chez l’homme l’électroencéphalographie, technique qui mesure des variations de potentiel électrique liées à la propagation des influx nerveux. En général, cette activité électrique est mise en évidence par des électrodes placées à la surface ou à l’intérieur du corps ; mais elle se manifeste aussi à l’extérieur. Comme les organismes vivants sont électriquement neutres, le champ électrique qu’ils créent à des distances comparables à leur taille peut être assimilé, en première approximation, à celui d’un dipôle électrique – c’est-à-dire un couple de charges opposées et décalées l’une par rapport à l’autre.

Un champ électrique dipolaire

L’intensité du champ électrique d’un dipôle décroît très vite avec la distance (comme l’inverse de son cube). De plus, les dipôles électriques des êtres vivants sont très faibles et l’eau, par rapport à l’air, divise par 80 l’amplitude du champ électrique. Il s’ensuit que les champs engendrés par un petit poisson sont extrêmement faibles : un microvolt par centimètre à dix centimètres de distance, un nanovolt par centimètre à un mètre de distance – moins du millionième du champ électrique créé par une pile électrique usuelle. Autrement dit, la perception d’un tel champ électrique doit mettre en œuvre

Références

  • S. Johnsen et K. J. Lohmann, Magnetoreception in animals, Physics Today, vol. 61(3), pp. 29-35, mars 2008.
  • D. Fields, Le sixième sens du requin, Pour la Science, n° 359, septembre 2007.
  • J. Bastian, Electrosensory organisms, Physics Today, vol. 47(2), pp. 30-37, février 1994.

Liens intéressants

Parus dans :

 »Le sens électrique des poissons » J.M. Courty et E. Kierlik, Pour la Science N°375, (janvier 2009)

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