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Nov
01

Le thérémine, un son venu d’ailleurs


Paru dans : Le thérémine, un son venu d’ailleurs J.M. Courty et E. Kierlik, Pour la Science N°385, (novembre 2009)

La musique électronique existe depuis 1919. Le thérémine, instrument que le musicien manipule sans toucher, le prouve.

Extrait

L’artiste commence à mouvoir ses mains devant l’instrument, sans jamais le toucher : un son éthéré et pur en émerge. L’instrument est un thérémine, du nom de Lev Termen (changé plus tard en Léon Theremin), le physicien russe qui l’a inventé en 1919. Doyen des instruments de musique électroniques, le thérémine revient à la mode. Ainsi, un jeune artiste américain, Matt Moldover, vient de proposer un disque dont le coffret est lui-même un thérémine rudimentaire.

Observer un musicien jouer du thérémine est toujours surprenant (voir la figure 1). Alors qu’il déplace ses doigts dans l’air, en éloignant ou rapprochant sa main droite d’une antenne verticale et sa main gauche d’une boucle métallique horizontale, le haut-parleur de l’instrument émet un son qui évoque celui des films de science-fiction des années 1960.

Pour jouer du thérémine, le musicien déplace sa main droite ou ses doigts, ce qui modifie, via un changement de capacité de l’antenne verticale, la fréquence du courant dans un circuit électronique, donc la fréquence sonore (la note) produite par le haut-parleur. La gamme de notes obtenues est représentée ici par le clavier. La main gauche agit sur une antenne horizontale en forme de boucle, reliée à un circuit qui contrôle le volume sonore.. (dessin Bruno Vacaro )

Aujourd’hui, à l’ère du numérique, il serait facile de réaliser un équivalent virtuel d’un thérémine, avec une caméra qui enregistrerait la position des mains, reliée à un logiciel commandant un synthétiseur. Mais avec les moyens d’il y a un siècle, comment détecter la position de la main et faire en sorte qu’elle contrôle la fréquence d’un oscillateur électrique relié à un haut-parleur ?

Pour la détection, Lev Termen a choisi d’utiliser une mesure de type électrique. L’instrument est doté d’une antenne métallique verticale, longue de quelques dizaines de centimètres.

Pour comprendre le principe de détection, branchons cette antenne au pôle négatif d’un générateur électrique. Les électrons,

qui sont tassés dans le pôle, se repoussent et une partie d’entre eux fuient donc vers l’antenne. Mais à mesure que l’antenne se charge, les électrons qui s’y retrouvent commencent à se repousser ; bientôt, il n’est plus possible d’en ajouter d’autres. L’antenne est alors au même potentiel électrique que le générateur.

….

Références

  • K. D. Skeldon et al., Physics of the Theremin, American Journal of Physics, vol. 66, pp. 945-955, 1998.
  • Y. Kraftmakher, Metal detection and the Theremin in the classroom, Physics Education, vol. 40 (2), pp. 167-171, 2005.

Lien Web

Tout sur l’actualité du Theremin : thereminworld

''Photo de Leon Theremin jouant de son instrument"

Video

Video Killed The Radio Star

« Video Killed The Radio Star »joué sur Theremine par Jon Bernhardt au festival Ethermusic 2005 à Asheville, NC, August, 2005.

La première leçon de Theremin

http://www.thomasgrillo.com : Une leçon d’introduction qui présente les notes et le vibrato.

Un classique : le cygne de Saint Saens

Par Clara Rockmore (1911-1998), l’une des toutes premières musiciennes de theremine

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  1. PolyTheremin : le premier thérémine polyphonique » Idées de Physique a dit :

    […] Pour en savoir plus : “Le thérémine, un son venu d’ailleurs” […]

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